« STORYTELLING », « PAVLOVA », « FASHIONISTA »… LES NOUVEAUX MOTS DU PETIT ROBERT

petit_robert_semantis

Terrorisme, féminisme, élection présidentielle, question des minorités… La nouvelle cuvée du dictionnaire Le Robert voit l’entrée en force de mots issus des débats politiques et sociaux.

Notons ainsi le « dégagisme », terme popularisé par Jean-Luc Mélenchon, et ses « insoumis », les « marcheurs » chers à Emmanuel Macron ou encore l’adjectif « antisystème » et l’aimable qualificatif « bisounours ». Au nombre des enrichissements également, l’expression « écriture inclusive », le verbe « invisibiliser », la locution « nom de naissance » remplaçant « nom de jeune fille » et la féminisation retrouvée et heureuse de certains noms de métier, comme « mairesse ».

Chez Sémantis, les anglicismes retiennent bien sûr toute notre attention.

Le « darknet » ou Internet clandestin est la partie du réseau Internet accessible par des logiciels qui anonymisent les données des utilisateurs. Notons également l’introduction de « chatbot », agent conversationnel, « hacktivisme », piratage informatique pratiqué par activisme et « webinaire », séminaire en ligne auquel les internautes participent à distance.

Cette démultiplication du lexique anglais en français se retrouve également dans l’intégration de mots comme « cosplay », pratique qui consiste à incarner un personnage de fiction, « storytelling », technique de communication utilisant le discours narratif, « fashionista », personne passionnée par la mode, ou encore « queer », personne dont l’orientation ou l’identité sexuelle ne correspond pas aux modèles dominants.

Ne croyons pas toutefois que le thésaurus ne fait la part belle qu’à l’anglais. Témoin et observateur de nos usages, Le Petit Robert intègre des termes issus du japonais (« shiba inu », petit chien originaire du Japon, à fourrure beige, noire ou blanche, à la queue enroulée sur elle-même, « gomasio », condiment d’origine japonaise composé de sel marin et de graines de sésame grillées et broyées), du russe (« pavlova », gâteau constitué d’un disque de meringue garni de crème chantilly et de fruits), du suisse (« ébriquer », casser, « une calure », personne instruite), et du canadien (« prendre pour leur rhume », se faire réprimander, « brique », un gros livre).

Plus que jamais, nous le constatons, l’actualité est un accélérateur de nos changements de vocabulaire. C’est pour cette raison que la majorité des traducteurs de Sémantis sont des natifs vivant dans leur pays d’origine afin d’être le plus au fait de l’actualité économique, politique et culturelle.


Avec nos remerciements à Alice Develey du Figaro