POINT DE VUE : VOYAGE AU PAYS DES NÉOLOGISMES

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Le dictionnaire Larousse définit le terme “néologisme” comme “tout mot de création récente (néologisme de forme) ou emprunté depuis peu à une autre langue (d’emprunt lexical) ou toute acception nouvelle donnée à un mot ou à une expression qui existaient déjà dans la langue (de sens)”.

Le mot “néologisme” vient du grec ancien νέος/néos, « nouveau », et λόγος/lógos, « parole ». Il s’agit donc d’un nouveau propos, d’un nouveau discours, d’une nouvelle parole, mais aussi d’une nouvelle logique, une nouvelle manière de comprendre et de formuler un phénomène.

Pour un traducteur littéraire, traduire les néologismes que la liberté et l’audace des écrivains offrent aux langues dans lesquels ces derniers s’expriment est souvent très difficile. Il s’agit pour le traducteur de comprendre le sens précis du terme et les raisons qui ont poussé l’auteur à le créer. Et le terme choisi pour traduire les mots qui lui ressemblent et existaient avant la création du néologisme est souvent obsolète et inadéquat.

Sémantis vous propose aujourd’hui de revenir sur l’origine de quelques mots que les Anglais ou les Français utilisent tous les jours.

Dans la langue de Shakespeare, les néologismes du dramaturge éponyme colorent aujourd’hui l’anglais et sont utilisés pour certains quotidiennement. Il est notamment à l’origine des mots : « assassination, addiction, amazement, bloody, countless, fashionable, gloomy, laughable, lonely » et d’expressions telles que “fair-play” (adoptée également par le français) ou « a sorry sight ». Selon Jean-Michel Déprats, directeur de la traduction française de Shakespeare à la Bibliothèque de la Pléiade, ce dernier a inventé près de 1 700 mots !

De l’autre côté de la Manche, François Rabelais a lui aussi offert à notre langue un grand nombre de ses termes. Le mot “quintessence” au sens de “la meilleure chose” mais encore, gargantuesque, célèbre, frugal, patriotique, bénéfique, ainsi que génie, automate, gymnaste, indigène, horaire sont nés sous sa plume.

A noter encore le « tube » en musique est tiré de l’œuvre de Boris Vian, la « pieuvre » de celle de Victor Hugo et le « surréalisme » de la correspondance de Guillaume Apollinaire.